Chers lecteurs,
Je souhaiterais vous présenter Marie C., ce p’tit bonhomme, écorché vif d’un mètre quatre vingt comme elle
se définit elle-même.
Dans cette interview, l’auteure de la nouvelle « Et si… » se
livre sans tabous. Elle nous raconte les difficultés qu’elle a rencontrées
lorsqu’elle s’est mise à l’écriture. Avec simplicité, elle met en garde les nouveaux auteurs mal préparés et nous explique pourquoi elle n’a jamais
écrit de roman.
Découvrez vite ce que cette femme étonnante et entière a à nous dire sur
ses projets et ses passions.
« Et si… » est disponible gratuitement en téléchargement en
bas de cette page.
Marie C., qui es-tu ?
Je dirai que je
suis une écorchée vive qui s’est cherchée pendant pas mal de temps. De
nature curieuse et aimant l’investigation j’ai toujours voulu être flic,
détective privé ou agent secret, mais pour l’heure, j’aime rire, pleurer et
chanter aussi. Je crois bien que c’est que je sais faire de mieux d’ailleurs !
Au-delà de ça, je viens d’avoir
40 ans, l’âge de la maturité soi-disant. Pourtant je ne suis pas une femme
vraiment épanouie, j’attends mon heure. Accomplie… probablement ! Mais je
sais ce que je veux et ce que je ne veux plus c’est déjà bien…
Comment l’envie d’écrire t’est venue ?
L’idée de me lancer dans l’écriture est venue quand j’ai fait partie du
Jury « Prix du meilleur Polar » dans le « Cercle Le Point ».
L’objectif était de lire 12 polars dans l’année envoyés directement par
la maison d’édition et de faire un résumé ainsi qu’une critique en quelques
lignes autour de ces livres. À mon goût 1 ou 2 romans pouvaient sortir du lot
peut-être, mais aucun ne m’a transcendée au point d’élire le meilleur polar.
D’ailleurs le livre gagnant n’était pas dans ma cible.
Cette expérience a été enrichissante. Je n’ai pas eu de frisson et ai
trouvé le suspense assez pauvre. Peut-être suis-je blasée de mes
lectures ? Peut-être que j’en attends toujours plus depuis le temps que je
lis des polars. Finir un livre en restant sur sa faim ou attendre les montées
d’adrénaline m’ont donné envie de passer de l’autre côté : celle qui écrit
et non plus celle qui lit.
À partir de ce moment-là, je me suis dit : tiens pourquoi pas moi ?
Comment
passe-t-on de l’envie d’écrire à l’acte ?
J’écris si l’on peut dire depuis trois ans, mais de façon sporadique.
Avec toutes les
influences et cette boulimie autour de tous les différents univers et style
qu’offrent les romans, je ne pouvais pas rester passive. Je ne voulais plus
être spectatrice, je voulais à mon tour être actrice, à ma façon bien entendu.
C’est parti d’un défi avec une amie, on s’est dit : et pourquoi pas nous ? et la seule réponse a été : OK, chiche ! on écrit un livre !
surtout quand pour ma part, certains Best-Seller n’en avaient pas le mérite.
Prétentieux ? Non je ne crois pas, aujourd’hui le lecteur est de plus en
critique et donne son avis. C’est lui qui fait vivre les auteurs.
Alors pour moi un livre
qui ne m’a pas plus et qui arrive meilleure vente c’est juste un mauvais
choix !
« Et si… »
est ta première nouvelle ?
« Et si »
n’est pas ma première nouvelle, mais est une des plus abouties, car elle a été
écrite pour un concours. Nous devions écrire un polar où les 1ère et dernière phrases
étaient imposées. J’ai voulu relever le challenge.
As-tu écrit un roman ?
Oui et j’en avais
commencé un. Un ersatz de polar où je m’essayai un peu à l’écriture. J’ai balancé
dans le shaker différents ingrédients du polar : un flic looser sous cocaïne
dans un village paumé où une série de meurtres surviennent en pleine canicule
dans le Colorado et puis, en le secouant et surtout en le relisant ça a donné quelque
chose d’insipide. Ce que j’appelle moi un torche-cul.
Je l’ai fait lire et il s’est avéré que ce n’était pas vraiment structuré. Je cherchais
absolument à raccrocher des bouts de personnages autour d’une histoire qui n’en
était pas vraiment une. Je me suis acharnée et entêtée à partir sur un projet trop
énorme. Cela m’a pris du temps à réaliser qu’écrire un roman n’était pas fait
pour moi ne sachant pas tenir une histoire sur le long terme. J’aime bien quand
ça va vite. Je me lasse trop rapidement des choses dans la vie. Je n’ai pas su
tenir la distance sur un projet comme celui-ci. Je ne vous cache pas que ça a
été une déception, on se dit que finalement que l’on n’est pas capable ou que l’on
n’est pas fait pour ça. Que finalement, on restera lecteur. L’écriture n’est pas
simple et n’est pas une fin en soi, ça se travaille tous les jours. On peut être
habité par ses personnages, les accoucher, les faire vivre ou mourir oui, mais le
concrétiser sur papier est une autre histoire. C’est con, mais j’ai passé un an
à me remettre de cette expérience ratée.
Et puis un jour mon amie m’a
dit : pourquoi tu n’essayes pas d’écrire
une nouvelle ? C’est plus court, plus rapide et en ce moment il y a des
concours qui peuvent te plaire. Après mûre réflexion, je me suis essayée à
participer aux concours où je n’ai rien gagné d’ailleurs à proprement parlé, mais
où j’ai regagné en confiance, ce qui m’a permis également de trouver mon style.
D’ailleurs, je préfère le côté dynamique d’une nouvelle où l’exploration de différents
décors, personnages et style peut être multiple. J’ai sorti : pour « le
meilleur et pour le pire » qui est bien glauque et il faudrait que je retravaille prochainement « un
moment d’égarement » (le prologue de mon livre).
Comment procèdes-tu lorsque tu écris ? Tu fais un
plan ? Tu peaufines ton histoire avant d’écrire ou au contraire, tes
doigts glissent sur le clavier comme une évidence ?
Pour le roman, j’avais
construit une usine à gaz pour m’y retrouver avec tous les personnages. C’est
un livre dans un livre avec toute la documentation qui va avec. Que ce soit sur
des rapports d’autopsie ou des rapports balistiques, forcément il faut que ça sonne vrai tout ça. Le côté réaliste
des scènes doit obligatoirement être détaillé et précis. Internet pour ça est
une vraie mine d’or qui m’a fait voyager ; ne pouvant pas faire de
nombreux aller-retour dans le Colorado.
Depuis que je suis
passée aux nouvelles, je laisse mon esprit s’évader un peu plus et attache
moins d’importance à tout construire. Je déroule au fur et à mesure l’histoire
en prenant juste quelques notes par-ci par-là.
La plupart du temps mon
inspiration me vient d’une musique. Je choisis un décor, un nom de personnage
et une situation insolite et hop là c’est parti ! Je dois avouer que c’est
plus éclatant que le roman qui dure et qui dure et où je n’en vois pas le bout
du tunnel.
As-tu d’autres
projets d’écriture ?
En ce moment
même ! Sans doute parce que c’est l’été, mais aussi parce que mon voyage à
New York m’a donné envie d’écrire à nouveau. Je prépare une nouvelle policière
qui s’appelle : « Tu peux dormir tranquille maintenant » basée encore et toujours sur le glauque bien entendu, car, vous l’aurez
compris : c’est ce que j’aime. Une histoire de flic pourri légèrement
psychopathe sur les bords, mais je n’en dis pas plus ! Suspense…
Quels conseils donnerais-tu aux écrivains en herbe ou
ceux qui veulent se lancer ?
Des
conseils ? En tant qu’amateur, je dirai surtout de bien réfléchir avant de
se lancer dans quoi que ce soit. De bien mesurer s’ils sont capables de tenir
la distance dans le temps. Et de garder le même rythme d’écriture. Écrire un
livre c’est véritablement un bébé à élever par excellence. C’est un
investissement, une implication. C’est pas mal de fatigue aussi, car on a une
vie avant celle de l’écrivain : la vie professionnelle et familiale où la
gestion du temps est une maitrise et dans mon cas cela été la course au temps.
Alors on devient vite noctambule. Le lundi on écrit, on se relit le mardi et on
constate que ça va plus. Des blacks out
à gérer et des manques d’inspirations peuvent venir tuer le projet et couper la
motivation. L’envie ne doit jamais
nous quitter. Quand elle est là, il faut savoir l’entretenir et surtout la
garder.
Où peut-on lire tes écrits ?
Mes écrits pour
l’instant ne sont pas publiés loin de là, car beaucoup de travail est
nécessaire notamment la relecture et la réécriture. Je pense peut-être à un
recueil de nouvelles. Mais le fait de vous avoir parlé de mon premier projet
non abouti m’a donné l’idée reprendre un jour l’écriture de mon roman. Car
quand on s’attache à un de ses personnages, il est très difficile de le lâcher,
alors qui sait, peut-être qu’un jour mon inspecteur reprendra du service…
Marie, quels sont tes livres de chevet et tes films
préférés ?
J’aime le polar, le
thriller psychologique, la criminologie, la médecine légale, la
psychopathologie et les tueurs en série. Et plus particulièrement quand les
intrigues se passent aux États-Unis. Je lis Maxime Chattam — la Trilogie du Mal —, Jean-Christophe Grangé — La
Ligne Noire —, Franck Thilliez, Caryl Ferey — Haka, Utu et Zulu –, mais
aussi Val Mac Dermid, Mo Hayder, Mickael
Connely, R.J. Ellory et James Ellroy. Et pour finir, j’ai beaucoup aimé
les deux derniers polars primés du « Quai des Orfèvres ». J’ai aussi une
affection particulière pour Stéphane Bourgoin.
En ce qui concerne les
films j’aime beaucoup les réalisateurs tels que Clint Eatswood, Martin
Scorcese, Francis Ford Coppola, Ben Affleck où des flics sont mis en scène et
plongés dans des univers mafieux. J’aime beaucoup cette ambiance. Le reste est
basé essentiellement sur des séries américaines : type les Experts Las
Vegas, Miami, Manhattan, Unités Spéciales, Brigade Criminelle, Esprits criminels,
Murder… Et au cas où vous me demanderiez pour la série Dexter, je n’ai pas
vraiment aimé la série filmée, mais ai nettement préféré le livre.
Je vous invite vivement à découvrir la nouvelle "Et si..." de Marie C. qui vous pourrez lire gratuitement :
ICI
Bonne découverte et bonne lecture,
sOnia